Jérémy Le Piolet - Blog

Antoine Tracqui - Trilogie Hard Rescue

Cet article a été écrit il y a plus d'un an : son contenu peut être dépassé.

Rien ne vaut un bon thriller. Bien écrit, on peut y passer des heures sans s’en rendre compte et sans pouvoir décrocher. Avec sa trilogie Hard Rescue, Antoine Tracqui réussit à en proposer 3 d’excellentes factures.

Caleb McKay est un ex-agent du SAS reconverti dans les missions de sauvetage à hauts risques. Que ce soit pour aller chercher des mineurs coincés à des dizaines de mètres sous terre ou aller décrocher un alpiniste amateur coincé sur une corniche en pleine tempête de neige, Caleb et son équipe sont les personnes de la situation.

Couverture du tome 1 : Point Zero

Dans Point Zéro, ils sont contactés par Kendall Kjölsrud, un milliardaire excentrique à la tête d’une multinationale gigantesque pour aller enquêter sur un mystérieux artefact apparu en Antarctique. Bien entendu, ce ne sera pas une partie de santé car ils ne seront pas seuls sur le coup : ce que renferme l’artefact est l’objet de nombreuses convoitises !

Ce genre d’histoire reposant en grande partie sur ses rebondissements, il est difficile d’en dire plus sans divulgâcher (et franchement, ça serait dommage). Et si ce pitch peut sembler classique et déjà vu, il n’en est rien à la lecture. Contrairement à beaucoup de livres du même genre, à aucun moment je n’ai su où l’auteur voulait m’amener, quelle était l’étape suivante et ce qui allait arriver. Je n’ai jamais eu un train d’avance sur les personnages, j’ai découvert la plupart des rebondissements en même temps qu’eux.

Et c’est là la vraie force de l’auteur qui a su utiliser à merveille tous les ressorts à sa disposition pour offrir une histoire fouillée et palpitante. Elle mélange assez habilement passé et anticipation, avec des racines de l’histoire se trouvant dans les années 40/50 et une utilisation assez massive de nouvelles technologies/robots/intelligence artificielle et gadgets hi-tech en tout genre. On est constamment surpris (et sur le cul) sans jamais ressentir de flottement : si le lecteur ne sait pas où il va, l’auteur lui le sait très bien et chaque rebondissement, chaque situation est pensée comme la résultante des actions précédentes et n’apparaît pas là par magie.

Bien entendu, on n’évite pas les rebondissements farfelus, les actions qui ont 0.0002% de chances de réussir qui réussissent du premier coup et autres improbabilités. Mais c’est toujours bien amené et jamais on ne sent que l’auteur s’est retrouvé piégé par son histoire au point de sortir des lapins de son chapeau pour s’en tirer. L’histoire ne propose pas un seul temps mort, c’est bourré d’action sans pour autant négliger la partie espionnage/aventure, ménager du suspense et un peu de romance (mais juste un peu). Et ça c’est assez fort.

Couverture du tome 2 : Mausolee

L’histoire continue ensuite dans Mausolée, probablement le moins bon de la trilogie (bien qu’il reste très bien). Grosso modo, on prend les mêmes et on recommence.

Cette fois, Kendall Kjölsrud fait appel à Caleb McKay et son équipe pour retrouver le mausolée de Qin Shi Huangdi, Premier empereur de Chine. Comme d’habitude, ils ne seront pas les seuls dans la course et l’histoire promet de multiples rebondissements.

Il y a du bon et du moins bon sur ce tome. L’effet de surprise du premier passé, on commence à voir quelques tics d’écriture de l’auteur. Si certains sont assez peu dérangeants, sa manie de décrire en détail toutes les armes que ses personnages utilisent (de la cadence de tir à la vitesse de pénétration des balles) finit par alourdir inutilement le récit.

D’autant que l’histoire ressemble furieusement à ce qui avait été proposé dans Point Zéro, au moins sur la structuration de la première partie. On a donc un peu l’impression de parfois lire une variation du premier tome et c’est dommage. Fort heureusement, l’auteur se rattrape dans une seconde partie assez inédite (je n’en dit pas plus).

Il réussit également à répondre à bon nombre de questions latentes du premier tome au travers de son intrigue, sans pour autant les sortir de nul part. J’ai apprécié également qu’on quitte un peu la facilité des méchants nazis/russes propres à ce genre de livre pour lorgner du côté de l’Asie et des nord coréens, beaucoup trop absents de la littérature.

Au final, ce second tome se lit sans déplaisir et on y passe un bon moment, même si on sent poindre quelques faiblesses.

Couverture du tome 3 : Lune de Glace

Enfin l’histoire se conclut avec Lune de Glace, dernier tome de la trilogie. Alors qu’une organisation secrète menace de plonger le monde dans le chaos après un audacieux attentat, Caleb et son équipe se retrouve mêler à l’histoire après qu’un ancien ennemi ait essayé de se venger.

J’étais dubitatif avant de lire ce tome. Le précédent concluait finalement une grande partie des intrigues et questions laissées en suspens dans Point Zéro donc à priori assez peu de choses à rajouter. C’est le cas et Antoine Tracqui ne cherche pas à en ajouter plus qu’il ne faut : c’est un tome de clôture, il rebondit sur certaines intrigues, fait réapparaître des personnages disparus mais ça s’arrête là, pas d’énormes révélations ni retournement par rapport à ce qui a déjà été présenté jusque là.

Et si ça pourrait laisser penser à une histoire plan-plan, il n’en est rien. En adoptant un nouvel angle d’attaque et en s’éloignant de la structure narrative des deux premiers (un mystérieux lieu historique à explorer pour récupérer un objet mystérieux), ce tome réussit à réintroduire de la surprise là où le précédent s’était un peu étiolé avec une recette pourtant similaire.

Beaucoup plus concentré en action (ce qui est fort vu le niveau des précédents), les péripéties sont là encore énormissimes et peu crédibles (faut être honnête) mais ça se lit sans déplaisir. L’auteur s’est également calmé sur les descriptifs d’armes à tout va. Peut-être moins dans l’aventure et l’espionnage que les précédents, moins de ramifications et de complots et une structure plus “simple”, ce tome offre également une conclusion satisfaisante à la trilogie en bouclant tout ce qui restait à boucler. La trilogie est complète et chaque protagoniste se voit offrir une véritable conclusion (bonne ou mauvaise, ça sera à vous de lire).

Au final, Antoine Tracqui offre une trilogie de techno-thriller d’excellente facture, genre que l’on a peu l’habitude de voir chez un auteur français. Sa trilogie me fait beaucoup penser à la sage Die Hard (les 3 premiers films, le reste n’existe pas) : un premier qui bouscule les codes du genre et offre une très bonne surprise, un second qui est une version améliorée du premier mais qui lui ressemble un peu trop quand même et un troisième avec une grosse vengeance qui propose quelque chose d’assez différent sans pour autant renier les précédents.

Dans tous les cas, si vous appréciez les histoires bigger than life, d’espionnage et de complot en tout genre, vous allez être servis !

Dernier point non négligeable : l’auteur est publié aux éditions Critic, un petit éditeur rennais qui a fait le choix de fournir des ebooks sans DRM. Et ça, ça veut dire qu’une fois que vous l’avez acheté, il est à vous, vous pouvez le lire sur le support de votre choix sans passer 15 plombes à le dévérouiller au travers de plusieurs logiciels. Et ça, c’est chouette <3